La valise d'Adnihilo

Vous êtes tombés sur un cahier de gribouillages géant, sur un trieur pas rangé du tout, sur une valise dans laquelle on peut trouver à peu près tout, sur un blog en forme de guimauve alimenté par un libraire qui garde la tête dans les nuages.

05 septembre 2009

Beuuuuu... kof kof koaf...

Finir la soirée à la vodka. Offrir l'hospitalité à un pote. S'arrêter pour le laisser se délester de ce qu'il a dans l'estomac. Repartir. Rentrer. Manger. Lui proposer une bassine. Quatre fois. La ranger finalement devant son refus. Se coucher. Penser à la fille. Il est minuit et demie.
Se faire réveiller par des bruits de régurgitation. Evaluer la distance du champ de bataille. S'apercevoir qu'elle ne correspond pas à la distance qui te sépare des toilettes. Se lever en catastrophe. Voir le canapé défait. Se demander où est la première couche. Faire quelques pas. Glisser. Jurer. Obsverver le couloir. Y apercevoir d'autres flaques transparentes. Se laver le pied sous la douche. Rallier la cuisine. Il est deux heures et demie.
Prendre la bassine. La remplir d'eau. Y foutre des éponges. Vaguement penser à la grosse journée qui va démarrer dans sept heures. Apprécier le concert qui résonne dans les chiottes. Eponger dans le salon. Nettoyer le bas de la porte. Nettoyer le haut de la porte. Nettoyer le mur. Eponger dans le couloir. Nettoyer les portes des placards. Nettoyer les plinthes. Nettoyer les barres de seuil.
S'apercevoir que les flaques sur le carrelage des chiottes ne sont pas transparentes. Apprécier leur marron. Soupirer. Tendre une éponge à son pote. Laver le carrelage des chiottes. Nettoyer la porte. Nettoyer les plinthes. Frotter le carrelage. Nettoyer encore. Frotter. Frotter. Ecouter ton pote ne pas en croire ses yeux.
Puis, changer l'eau de la bassine. Recommencer depuis le salon. Puis vider l'eau. Tirer la chasse d'eau. Se laver les pieds sous la douche. Penser à la fille. Penser à la réaction qu'elle aurait eu si elle était là. Penser à sa réaction si tu avais eu des couilles. Y penser brièvement. Entendre ton pote ne pas en croire ses yeux.
Retirer la couverture de laine blanche. Déplorer en silence son caractère sacré. Constater une tâche de vomi. La mettre dans la salle de bain. Retirer la couette de tes jeunes années. Constater une étendue plus coupable que suspecte. Te dire que tu l'as depuis plus de dix ans. La mettre dans la salle de bains. Imaginer que la couverture sacrée ira dans la machine avant la couette de tes jeunes années. Imaginer l'inverse. Entendre ton pote s'excuser. L'écouter s'excuser platement. Ne pas broncher. Constater que la Freebox a été épargnée.
Remplir la bassine d'eau, encore. La poser au pied du canapé. Eteindre les lumières. Essayer de se rendormir.
Il est trois heures du matin.

Posté par adnihilo à 22:09 - La poche qui mord - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

virjainie

Eh, oui, si "la fille" avait été encore là, c'est qu'elle aurait consentit à ramasser les rebus de ton pote pendant que toi tu dormirai paisible...

Ou même mieux, peut-etre que si la fille avait été là, ton pote et toi n'auriez pas bu de vodka ensemble...

Posté par virjainie, 17 septembre 2009 à 09:56

> virjainie

si la fille en question avait été là, lui ne l'aurait pas été, surtout.

Posté par adnihilo, 17 septembre 2009 à 21:11

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