La valise d'Adnihilo

Vous êtes tombés sur un cahier de gribouillages géant, sur un trieur pas rangé du tout, sur une valise dans laquelle on peut trouver à peu près tout, sur un blog en forme de guimauve alimenté par un libraire qui garde la tête dans les nuages.

12 avril 2009

31

Au cours d'une nuit que j'ai vigoureusement passée dans mon lit, j'ai participé avec Cavalier au vol d'un bus assurant le transport de parisiens sur la ligne 31. C'est dit.
Toutefois, j'ai un alibi à fournir, et la trace de bave sur mon oreiller peut témoigner pour moi en cas de problème.

Nous avons donc chouré un bus pour faire le tour des Etats-Unis, seuls dans notre véhicule. Mon rêve ne montre pas vraiment le bordel qui devait trainer mollement dans l'espace laissé vacant parce qu'à deux on ne peut pas occuper tout l'espace d'un bus aussi grand, mais il doit aller de soi qu'il devait être conséquent
La dernière bribe que je garde en mémoire reste celle qui prenait place dans une aire d'autoroute paumée au milieu d'un état ensoleillé, mais qui ressemblait plus à refuge de montagne entre deux potentielles avalanches qu'une station de repos qui joxte l'autoroute. On dinait avec plusieurs autres groupes nomades, riant et se baffrant de pommes lorsqu'un nouveau groupe, francais aussi, cette fois, murmure à l'oreille de Cavalier qu'ils s'entassent eux dans une petite voiture pas faite pour autant de monde et que notre bus les intéresse grandement. Cavalier commence par se marrer, le leader du groupe à la petite voiture prend ca comme un don de notre moyen de transport.
Cavalier me regarde et je me joins à son rire avant de m'arrêter net, voyant au loin ledit grand groupe transférer leur sac chez nous. Cavalier et moi nous précipitons, les chasser, virer leur sac et les renvoyer dans leur voiture à eux.

La fin du rêve est plus floue. On regrette de ne pas le leur avoir vendu lorsque les hélicos du shériff nous repère, avec à leur bord des commandos de la RATP.

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05 mars 2009

Le retour des nuages

Continuons dans la série des résurrections de catégories catatoniques, voulez vous ?
Il me semble que ca fait assez longtemps que je n'ai pas posté de trucs dans cette catégorie. Et donc, par conséquent et selon toute logique, ca fait longtemps que je ne vous ai pas raconté mes rêves, malgré la qualité inhérente aux derniers. Entre un vieux venete qui me hèle pour que je lui rende un crayon Ikea retrouvé au hasard d'un café, le chef du rayon d'à côté qui se plait à tourné au dessus de la maison de famille à bord de son 747 (allant même jusqu'à passer la tête par la fenêtre du cockpit pour me saluer), ma réincarnation subite dans la kalachnikov de mon meurtrier, ma sortie triomphale du micro-ondes avec un certain bronzage acquis pendant le séjour, ou bien aussi (et c'est le plus mystérieux, je ne m'en souviens plus mais le détail suivant me reste à l'esprit) ce rêve qui avait pour fil rouge un post-it rose et vierge.
A la réflexion, je crois juste que je suis balèze des synapses.

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05 janvier 2009

Le graphiste de l'imaginaire

Si l'on tient compte de ma capacité fabuleuse à faire des rêves prémonitoires (faculté que j'ai plus décrété que découverte, d'ailleurs), j'ai la preuve que Gibert Jeune s'est moqué de ma tronche.
Dans la série je-vous-raconte-mes-rêves-parce-qu'ils-sont-tous-intéressants-et-que-vous-adorez, je vais vous conter ce songe rigolo.

Un jour que j'étais, comme tous les jours, fièrement paré de mon gilet bleu, Monsieur B., grisonnant chef de Jeune, venait me trouver entre mes livres. B. s'emploie avant toute chose et en guise de salut à une série interminables de courbettes, de bonjours avec ambages excessifs, et donc, bien entendu, de politesses exagérées tout à fait intéressées. S'il faut commencer une explication de texte, on peut souligner que le choix du terme "intéressées" est approprié quand on sait que ce même Monsieur B., depuis qu'il sait que je suis passé chez le grand rival de Gibert Jeune depuis mon licenciement, fait semblant d'oublier de me saluer et me montre bien que même me tenant juste à côté de lui, je suis à ses yeux apparenté à du vent. Ou de l'air, peut-être.
Toujours est-il que dans ce rêve somptueux (?), Monsieur B. recommencant avec indécence à se rappeler de ses anciens employés, concluait sa série de révérences et courbettes par une proposition de débauchage. Il avait dans l'idée de me promouvoir, au sein de Jeune, chef d'un nouveau rayon qui allait prochainement se monter et dont l'ouverture correspondrait à la fin de mon éventuel préavis. En gros, il me proposait un come-back chez Jeune, avec à la clé promo faramineuse qui me catapulterait chef du rayon tournevis. Devant ma moue perdue entre aggressivité et catatonie et qui se résumait au fond à une provocation de ma part.
Mais, comme je suis gentil, je me suis déplacé et ai accepté son invitation à voir le rayon, visiblement déjà installé. Je l'ai donc accompagné chez Jeune, genre visite diplomatique, traversant les nouvelles installations, telles la cantine, installée au premier étage à la place des rayons BD et beaux-arts, passage aussi devant l'air sévère de la chef du rayon histoire dont la figure seule me donne l'envie d'expérimenter sur elle une prise de catch qu'aucune pile américaine de stéroïdes américains en slip de latex n'a eu l'idée de porter. Le rayon tournevis prochainement monté et odieusement installé au cinquième étage se résumait à quatre modèles différent installé sur un petit pan de mur lui même dissimulé derrière un mur de livre entreposé par G., qui bosse au cinquième et qui à un boulot plus crédible que celui: premièrement, de Monsieur B.; deuxièment, que celui que me proposait la direction de Gibert Jeune.
Une fois devant le rayon anorexique déjà monté par B., il m'a mis en garde du danger du poste qu'il me voyait tant occuper, et que les chiffres dépendaient de mon avenir proche au poste en question.

Je n'ai pas vraiment pris soin de méditer sur ce songe bizarre, mais je tiens quand même à préciser que le terme "fièrement" qui figure dans la première ligne du troisième paragraphe n'a rien d'ironique.

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19 septembre 2008

World Wild Wrestling

"Tu as une tête de psycopathe". La citation que je vous colle comme sous-titre de ce post vient d'une jolie fille, en troisième, qui avait elle aussi remarqué que mon physique s'apparentait à Hannibal Lecter. Pourtant, la comparaison n'est pas la plus juste, je crois que je suis juste devenu un "prowrestling addict" (terme que je vous lâche en anglais sous le prétexte fallacieux et totalement inutile que ca fait quand même mieux en anglais).

A la réflexion, je crois qu'elle n'avait qu'elle n'avait pas tout à fait tort, même si le mot choisi par ses soins était un peu excessif. J'ai retrouvé un certain amusement une pensée similaire dans le regard d'une collègue, il y a peu, lorsque je lui ai dit qu'un fichier Excel qui repose dans mon ordi renfermait une fédération de catch, toute entière, avec des vrais morceaux de lutteurs dedans. Tous imaginés par mes soins, à peu de choses près, personnages de scène et pseudos compris. Il y a un peu de tout, entre Loque et Tamerlane (qui rappelleront quelque chose au Comte, je pense) qui existaient déjà virtuellement mais dans un contexte tout autre; des potes qui existent eux vraiment, comme Poliakov ou The Count (quand on parle du loup); des lutteurs connus ou anonymes qui existent vraiment aussi (comme Stevie ou Goldust), et bien évidemment des personnes qui n'existent pas du tout, sauf coïncidence tout à fait fortuite. Un oeil connaisseur et aguerri y verra même un lutteur que j'ai appelé Claude, du nom de quelqu'un qui existe vraiment et qui est tout aussi détestable que Beigbeder, qui lui n'est pas du tout dans ma fédération imaginaire parce qu'il faut quand même pas déconner.
Evidemment, c'est pas le tout de se construire un roster, mais il faut savoir quoi en faire. Alors du coup, je me plais à imaginer des stoylines qui parte en vrille mêlant des lutteurs qui partent eux aussi en vrille. Pour ce faire, j'ai scrupuleusement contrsuit chaque personnage bien précisément, en lui collant une étiquette de méchant ou de gentil, à peu près aussi pareil que le fait la grande, la vraie, l'unique WWE. Je m'imagine moi-même mes scénarios, opposant des gens qui n'existent pas à ceux qui sont bien réels, ils se piquent les titres entre eux. Par exemple, une rivalité terrible oppose Ryan Cole au Count (qui en vrai est surnommé le Comte, mais en anglais c'est plus classe, quand même). Pour les rares intéréssés, Ryan Cole était un gentil jusque février-mars où j'ai décidé de le rendre méchant et huable parce qu'il voulait, en plus du titre européen qu'il avait, me choper le titre mondial que j'avais moi. C'esr ridicule, mais ca m'éclate.
Je dois en revanche reconnître que j'ai un peu copié sur la vraie WWE. Par exemple, The Count est à ma WWW ce que Rey Mysterio est à la WWE; Poliakov est l'équivalent d'Elijah Burke; Adnihilo de Chris Jericho ou de Ken Shamrock; Disco Boy du Honky Tonk Man, mais en plus balèze; Stevie un Shawn Michaels allemand; Coke Man et ses allures de camé, une sorte de Colin Delaney; Tripalius serait le Big Show et Mr. Evil un Kane qui se penserait rédempteur; Jürgen Semmel serait le Randy Orton d'il y a quelques années, du temps de l'Evolution; Volkov ressemble à John Morrison, mais en version "face" (dont gentil tout plein) et plus voltigeur... Je ne vais pas tous vous les faire, il y en a une cinquantaine, mais quand même. En revanche, pour les intéressés, Mephisto (qui lui est un vrai lutteur en France, que j'ai trouvé au hasard de Dailymotion) va perdre le titre européen sous peu, probablement face à Tamerlane ou Steven Madness (qui fait plus de deux mètres).

Ah, bien sur, faire du catch en vrai, ca aurait été plus simple, mais je dois bien avouer que je ne veux pas lâcher la librairie. Si jamais, un jour, par mégarde, j'intègre une école, il faudra aller dans le Nord, voir vers l'ICWA (qui existe vraiment aussi), mais je me verrais mal cumuler les bouquins et le catch en même temps. D'autant plus que, quitte à paraitre snob, les carrières qui me transcanderaient seraient aux Etats-Unis, pas la TNA ou la WWE, je suis pas encore mégalo à ce point (même si je le serait d'ici peu) mais là où il y a une vraie culture catch, parce que c'est plus rigolo.
A choisir, pour cumuler bouquins et catch, je prendrais bien la place de Philippe Chéreau ou Christophe Agius, où même s'il s'agit d'être consultant, je m'éclaterais. Mais là encore, c'est quand même assez présomptueux.

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10 septembre 2008

A ceux qui se demandent combien de livre un libraire a lu

Tous.

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13 août 2008

"Il va la raccompagner à Juvisy !"

"Il va la raccompagner à Juvisy !" disait Pauline au café. Ah, mais si ca eut été possible !

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13 juillet 2008

Le barbelé

Eurk. J'ai fait un rêve absolument horrible. Je ne me suis pas réveillé en sueur non plus, mais quand même.
Tout se passait dans une caserne militaire déserte et une bande de sémillants amis appréciant grandement les chopes pleines venaient de terminer leur service. Quand soudain (il faut que j'attire votre attention sur l'occurrence de ce petit mot "soudain", destiné uniquement, il faut l'avouer, à recentrer votre attention si d'aventure elle essayer de prendre la fuite) se referment dans un fracas assez commun à elles les portes métalliques de la caserne.
Une sorte de Jason de pacotille, de Freddy à 2€ TTC surgit dans l'histoire et commence à tuer un par un les gentils de l'histoire qui évidemment se sont séparés en cinq groupes de un dans le simple but de trouver une autre issue que celle condamnée par une force quelconque mais certainement surhumaine ou divine. Or, on ne s'oppose pas à Dieu.
Quatre des cinq gentils jeunes gens rigolos et fêtards se font, un par un, planter par un méchant tueur psychopathe au visage caché par un masque que seuls les tueurs en série psychopathe frappant dans une seule soirée et tuant une bonne bande de potes avant de se faire tuer par le dernier survivant (mais en légitime défense attention) peuvent trouver dans le commerce, ou bien peuvent dénicher quelque part de quoi le fabriquer le soir dans leur garage.
Les quatre premières morts sont assez banales et sobres. Un petit coup de poinçon, tournevis ou couteau déclanchant un geyser de sang ou une éruption de liquide bien noir. C'est avant la dernière que je me suis dit, toujours dans mon rêve "Merde, je m'en souviens, ca va être horrible...". Il y avait des barbelés dans les yeux, sortant par la bouche traversant le corps de part en part.
A y réfléchir, c'est le même type de barbelé que l'on peut trouver dans un film appelé "La tranchée", avec Jamie Bell. Un bon navet absolument pourave mettant en scène une poignée de soldats de la première guerre mondiale perdus dans une tranchée perdue dans un coin perdue de la France perdue. Livrés à eux mêmes, ils commencent à avoir la furieuse envie de s'entretuer pour que le dernier survivant puisse patauger dans le sang. Bien évidemment, c'est sans compter sur un détail plutôt amusant: la tranchée est vivante.

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19 juin 2008

Aus bei mit nach seit von zu

Je n'ai aucune idée de ce qui se passe en ce moment, mais je me vois en rêve une nuit sur deux avec des mouflets à moi, que ce serait moi qui les ai fait et que ce serait moi qui m'en occuperait. Ca m'a pris, comme ca, d'un seul coup, alors que rien ne le laissait spécialement prévoir.
J'ai envie de changer me couches et de m'extasier naïvement devant une couche débordante de caca, de me réveiller en sursaut par un bébé qui démarre, de me faire recracher dessus une dose de lait, d'avoir sur la table du salon le bouquin de Florence Pernoud, de me faire refiler des baffes par les mains potelées d'un(e) loupiot(te) ou de plusieurs, de voir le bout de peau s'agiter dans tous les sens sans s'imaginer que les trucs qui passent devant ses yeux ce sont ses bras.
C'est peut être la candeur qui suinte des mélodies de Voulzy qui me refile cette envie. Faudrait que je pense à me trouver une femme...

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17 juin 2008

Super Conquérant à l'assaut du monde

Trois publications dans la même journée, il est en forme, Adnihilo, depuis son jubilé empreint de magnificence et de gloire. Mais promis, j'irai faire pipi dans un bocal de la médecine du sport juste après avoir posté cet article.

Donc, m'apprêtais-je à dire avant d'être assez grossièrement interrompu par moi-même, j'ai dans la partie nord-ouest-nord de mon cerveau un rêve heureusement persistant. En fait, deux, mais l'un est assez vain. Enfin je vais vous raconter le moins important en premier, pour que vous puissiez vous faire une idée.

Imaginez vous, un rêve vu avec les pigments particulier des films des années 1970, début 1980 même, si vous y tenez. Je flânais dans Rome, au volant de mon minibus, avec sur le siège passager un acolyte que, même réveillé, je me suis cassé les dents de devant en essayant de l'identifier. J'étais visiblement connu dans le coin, et tout le monde savais que je ne portais pas dans mon coeur un riche mécano d'un quartier voisin avec qui j'étais entré en guerre pour une broutille quelconque. Je gare mon minibus devant son antre, et entre dans son garage dans le but de m'engueuler avec lui une nouvelle fois.
Son garage est assez simple à décrire. Vous entrez dans une pièce assez grande, sans voiture. Murs en pierre plutôt jolis. Sur le mur de droite, un immense établi qui court le long du mur (j'ai commis une répétition, mais on s'en fout un peu, au fond...). Sur le mur du fond (encore une, ca va, maintenant !), un escalier appuyé sur le mur (olé !) menant à une mezzanine tout aussi classe que les murs, soutenue par des poutres.
Je commence à gueuler quand descend sans prévenir une jolie fille qui semble être sa fille. D'un seul coup, ma voie perd en intensité et mon sermon haineux aussi, ce dont mon lieutenant tente vainement de me faire remarquer. Je m'en fous, je regarde la belle aux cheveux à mi chemin entre le roux et le rouge, silhouette aussi svelte qu'un fjord, traits aussi fins que Diane la chasseresse, yeux verts comme les émeraudes que j'avais chouré chez le bijoutier avant de me ramener chez le garagiste, un vert si foncé et profond que je pourrais me noyer dedans, et sans gilet de sauvetage. Voyant que je regarde sa fille, le garagiste s'essuie les mains dans un chiffon et avec l'appui solide de ses lieutenants à lui tous aussi solides, me fout dehors.
Sans honte, je reviens le soir, un bidon d'essence sous le bras et un briquet sous celui de mon pote. J'arrose sa porte sans vergogne et mon associé balance le briquet qui reste allumé même après avoir quitté sa main. Et ca fait froutch.
Sort alors à l'improviste et toujours sans prévenir la belle aux yeux verts et aux cheveux perdus entre le roux et le rouge, en nuisette, avec un effroi relatif exprimé sur son visage. Etrangement, elle n'a aucune envie ni ne me balancer une grande mandale ou rafale de kalach dans la tronche, ni même de me traiter de gros connard qui pue ou de quelque autre variante. Alors, je la fais monter dans mon minibus, sur le siège passager, laissant mon pote sur une banquette arrière mais comme il ne rechigne pas et qu'il est compréhensif, ca va. Alors que sur le pas de la porte était sorti le garagiste vociférant comme Michel, mon coursier du Coupe-Papier qui râlait dès qu'une occasion se présentait. D'un autre côté, il y avait de quoi être vénère, étant donné que je venais juste faire flamber une partie de son garage avant de me carapater en lui kidnappant sa fille. En route vers quelque part, nous prenons avec la belle aux yeux verts et aux cheveux à cheval entre roux et rouges, que nous appellerons Chloé parce que c'est plus pratique et qu'elle lui ressemblait vachement, une décision importante. Elle et moi, on s'arrache. On quittera l'Italie dans deux jours.
A ce niveau de mon rêve, il est temps pour moi de faire une ellipse temporelle aussi finement insérée dans le texte qu'auraient pu le faire Sagan ou Camus. Nous sommes la veille du départ pour ailleurs, et revenus au garage un peu brûlé mais pas complètement non plus. A ma surprise (à la mienne, mais pas à celle de moi dans mon rêve, comme quoi il y a des incohérences puisque je vous garantis sur la tête de Casimir qu'il ne s'est rien passé pendant l'ellipse), le garage est devenu une sorte de temple, avec le garagiste comme pasteur; avec moi et mon second potes avec le garagiste, et moi qui ai oublié ma langue dans la bouche de la belle: faut que je la retrouve, elle est probablement à l'étage. Le pastagiste (compilation de pasteur et garagiste) passe dans une assemblée touffue (nombreuse, je veux dire) avec un petit gobelet en plastique. Rien ne se passe. Il se promène entre les rangées de badauds qui étaient jusque là assis à l'écouter prêcher par une homélie que je n'ai pas entendu. Une fois son tour achevé sans succès, je prends le gobelet vide et tente à mon tour. Je me retrouve avec autant d'insuccès jusqu'aux dernières personnes qui commence à lâcher des pièces. Heureux de ma victoire tardive, je repasse devant chaque fidèle assis. Très vite, le pastagiste se retrouve avec une foultitude de gobelets remplis de pièces et se frotte les mains, ce que je ferais bien aussi mais j'ai un gobelet dans la main. Ce rêve part totalement en vrille, mais ne vous inquiétez pas, ce n'est que le début.
Je m'arrête un moment, et me dit: "C'est marrant, j'ai l'impression d'avoir fait ce rêve il y a pas longtemps... Dans le dote, je vais le passer en accéléré, voir si c'est bien le même".
Je me vois alors, même personnage de vagabond italien, à pied, perdu dans un petit village paumé des Alpes suisses, arrivé à une fourche et ne sachant pas quelle route prendre pour regagner le minibus. Je prends à gauche et me retrouve dans le centre ville d'un hameau, par conséquent dans un centre-hameau, à rencontrer une célibataire quinquagénaire désireuse de me guider, qui sait visiblement où j'ai garé mon véhicule. Elle me guide à travers les routes de montagnes, toujours à pied, avec elle et ses prévisions rassurantes: "C'est pas loin, on y sera dans deux jours." On marche, passant dans une usine désaffectée et complètement délabrée. La dame, dont la raison de son célibat doit probablement être sa tête, commence à me faire visiter les ruines toutes aussi laides que son physique, me racontant qu'elle travaillait là mais qu'un odieux businessman américain avec un chapeau texan voulait à tout prix le terrain et que la société suisse qui exploitait l'usine n'était pas en position de refuser l'offre d'après elle astronomique. Elle continue le tour du propriétaire "Et là c'était les ateliers de trucs, les cuves de machin qu'on voit par la fêntre...par l'encadrement de la fenêtre..." Apparait alors sans que rien ne puisse le laisser présager le visage bouffi d'un homme, cigare à la bouche et chapeau de cow-boy enfourné sur le crâne, nous réprimandant et menaçant d'appeler la gendarmerie locale si nous ne foutions pas le camp sur l'heure.
Je m'arrête, puisqu'en effet, j'avais déjà rêvé exactement la même chose avant de me voir vagabondant dans mon minibus à Rome.

Maintenant mon récit du premier rêve (enfin) achevé, j'ai un important aveu à formuler. Le deuxième rêve dont au sujet duquel je vous ratatinait le cortex dans mon intro n'en est pas vraiment un. Je pense même qu'il faisait partie intégrante du premier, au quel cas, il n'y aurait pas deux, mais un seul rêve ! (Oooooooohhhh !!!)
Mon "deuxième rêve" est plutôt super vachement court. Nous sommes dans l'avion, Chloé et moi, avec deux jumelles de quelques mois dans les bras. Une chacun. Chloé me refile la sienne pour caser son bagage à main dans un endroit moins encombrant et plus commode que sur ses genoux. Et j'étais bien, là, avec mes deux poupettes dans les bras. L'une, endormie dans son pyjama rose parsemé de têtes de sémillants ours slovènes; l'autre me bavant joyeusement sur la chemise, cintrée dans un mignon pyjama rose décoré de frimousses d'écureuils. Mes jumelles. Mes poupettes. Mes filles. A moi.
En me réveillant, j'ai eu une soudaine envie de défenestrer le téléphone qui m'avait tiré de mon rêve avec mes petites, de défenestrer le téléphone avec l'opératrice à l'autre bout du fil, même si la pauvre, elle ne pouvait pas imaginer que je me voyais couvert de bave de bébé.

La fin de ce(s) rêve(s) m'amène à penser que ce rêve a deux bras. Je m'explique. Un début, à Rome, en minibus, avec garagiste, coup de foudre, incendie, kidnapping, et tout et tout. Et puis deux possibilités s'offrent à moi, deux options, comme dans le labyrinthe à la fête foraine. Première option, je pars en laissant Chloé à Rome, dans son marasme, engluée dans le garage de son père et finis vagabond perdu en suisse à visiter une usine en ruine avec un quinqua assez peu alléchante. Deuxième option possible, j'embarque Chloé et me retrouve avec deux bouts de chou m'amenant à penser quavec un spermatozoïde et un ovule, on peut en faire des choses. Je crois qu'en fait, je sais laquelle je choisirais.

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13 juin 2008

Le colonel Moutarde

Il y a quelques temps vivaient dans l'immeuble d'en face un sémillant couple de comédiens pourvus d'une ribambelle d'enfants bilingues tout aussi sémillants. Et ce temps là me manque un peu. D'une part parce que j'avais du taff, un vrai boulot stable, d'autre part parce que ca m'amusait de faire le clown à la fenetre pour entendre les rires des trois petits qui venaient me montrer leurs éléphants en peluche et leur cités à fourmis.
De temps en temps, j'étais interrompu par des voix enfantines m'interpellant et me demandant de m'appuyer sur la rambarde de ma fenêtre.
"-Cyriiiiiiille !"
Apparaissaient alors l'ainée qui me faisait des grands sourires et le cadet me montrant le jouet qu'il avait dans la main. De temps en temps, c'est moi qui m'accoudais à la fenêtre pour prendre l'air ou pour me prendre un bon bol d'oxygène saturé lorsque les petits qui jouaient dans le salon sautaient de joie. Et même, s'ils n'étaient pas là, Rudi, le dernier qui ne parlait pas encore allait chercher Bibou l'ainée et Siggi le cadet qui accouraient à la fenêtre. C'était même Siggi, je crois, qui s'étonnait de mle voir, un bol de céréales à la main alors qu'il était cinq heures. Je suis toujours un peu décalé. S'en suivait toujours des petits moments marrants dans lequels je me cachais, sortant de l'encadrement de ma fenêtre pour y ressurgir ou me montrer par celle de la pièce d'à côté. C'était rigolo.
Et même, plus rarement, dans la cour de l'immeuble, en passant, les croisant, on se voyait de plus près. Maintenant, les dernières nouvelles qui remontent un peu les ont envoyé dans le vingtième. Je dois bien avouer qu'ils me manquent un peu.

Posté par adnihilo à 13:53 - La poche dans les nuages - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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